Dix ans d'existence! Le mouvement altermondialiste a fêté cet anniversaire lors de son "université citoyenne" à Toulouse ce week-end. Durant trois jours, Attac a mis en place un "altervillage", qui se veut un modèle d'autogestion, de réflexion, autant que de pratique pour ses militants. Dans ce village éphémère, basé à Saint-Lys, un campement alternatif proposait à ses participants de réfléchir à "la mise en oeuvre de formes d'actions et de pratiques militantes", souligne Raphaël, membre du conseil d'administration de l'organisation. Les prises de décisions sont collectives, de même que la cuisine avec des produits bio. L'altervillage est l'occasion "de mettre en adéquation nos idées et nos modes de vie et si un autre monde est possible, ce camp autogéré propose de le vivre concrètement", indique Raphaël, professeur dans un lycée près d'Aix-en-Provence. Après les journées de réflexion théorique, les participants ont mis leur savoir en pratique.
Confettis et coupe de champagne en mains, une trentaine de stagiaires ont mené en fin de semaine "une action non-violente mais aussi festive", selon Xavier, autre membre d'Attac. Ils ont pénétré dans une
agence immobilière du centre-ville de Toulouse, en scandant "Agence bidon, on n'est pas des pigeons!". Ils voulaient ainsi protester contre "les pratiques abusives des agences de listes", qui souvent facturent abusivement des "pseudo-listes" de logements vacants. "Mais attention", souligne Raphaël, membre depuis 2000, "Attac ne va pas se transformer en groupe d'activistes car ce n'est pas son but. Attac se définit comme association d'éducation populaire tournée vers l'action".
Paru dans l'édition 38H du 25/08/2008 (91616)