Les enseignants de sciences économiques et sociales s’inquiètent des risques que la réforme du lycée ferait peser sur l’avenir de leur matière.
Un tiers des 110 enseignants de SES d’Alsace étaient réunis en assemblée générale, mercredi à Strasbourg, en présence d’universitaires et de représentants des lycéens et des parents d’élèves dans le cadre d’une semaine d’action nationale et avant une manifestation le 19 octobre à Paris.
Les sciences économiques et sociales constituent une option en seconde, choisie par 40 % des élèves, à raison de 80 heures par an, explique Marjorie Galy, de l’Association des professeurs de sciences économiques et sociales. Alors que les enseignants demandent que les SES deviennent une matière obligatoire, le projet de réforme du lycée prévoirait, tout au contraire, que le volume horaire en soit abaissé à 50 heures, qui plus est « avec une mise en concurrence avec l’option économie-gestion », dont le contenu correspond davantage à la filière technologique.
« Comprendre la société dans laquelle on vit »
Dans le cycle terminal, les SES sont enseignées uniquement dans la filière préparant au bac ES, à hauteur de six heures par semaine : la « maquette » du ministère prévoirait de passer à 3 heures, tout en proposant la matière à tous les élèves, mais, là aussi, « en concurrence avec l’économie-gestion ».
De plus, le projet prévoirait de découper l’enseignement en modules, séparant la sociologie et l’économie : « On touche à l’identité de notre matière », proteste Mme Galy, qui rappelle que l’intérêt en est justement de permettre « le croisement des regards pour comprendre la société dans laquelle on vit ».
« Probable dépeçage »
Les enseignants mettent le « probable dépeçage » de leur matière en relation avec de précédentes alertes, à la suite de déclarations (démenties par la suite) du ministre Xavier Darcos sur l’absence de débouchés après le bac ES et le manque de réussite de la série. Ils mettent également en cause « des attaques assez organisées et fortes » de la part des milieux patronaux : selon ces derniers, « on ne parlerait pas assez des entreprises et pas assez bien du marché ».
Ces projets sont d’autant plus néfastes, selon les intéressés, que la crise actuelle souligne l’importance d’une bonne compréhension des mécanismes économiques et financiers et de leurs conséquences sociales.
L.M.