Depuis mardi, le gouvernement français autorise la vente du Red Bull de l’Autrichien Dieterich Mateschitz. Mais la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, appelle au boycott de cette boisson énergisante sur laquelle l’Agence de contrôle sanitaire émet des « réserves ».
Le Red Bull, boisson gazeuse à base de taurine, un acide aminé aux vertus « énergisantes », n’est en vente libre dans les magasins français que depuis mardi, mais il crée de l’effervescence dans le pays depuis plus de dix ans. Depuis 1996, les autorités sanitaires françaises ont régulièrement fermé la porte à la taurine, une molécule dont on connaît mal les effets secondaires sur l’organisme humain. En 2003, des expériences menées sur les rats ont fait état de « comportements bizarres » de la part des animaux ayant absorbé une forte dose de taurine. Ils se mettaient par exemple à se ronger les pattes jusqu’à l’automutilation.
L’appel au « boycott » de Roselyne Bachelot
L’année dernière encore, Roselyne Bachelot évoquait des « suspicions de décès en Suède et en Irlande ». Mais pendant que la France mettait en œuvre le « principe de précaution », le Red Bull avait réussi à faire tomber — non sans mal — les barrières sanitaires en Autriche, en Allemagne et dans 144 pays du monde. Et la Commission européenne donnait l’année dernière le coup de grâce au rempart dressé contre le Red Bull par l’Afssa. Désormais, le principe de la liberté de circulation prime en Europe sur le principe de précaution : si un produit est déjà autorisé chez l’un des 27, les 26 autres doivent obligatoirement lui ouvrir leurs portes. S’ils refusent, ils doivent prouver que le produit incriminé est dangereux. Ce que l’Afssa française n’est pas en mesure de faire.
C’est ainsi que la France a été contrainte d’autoriser la vente d’un produit dont elle ne veut toujours pas. Roselyne Bachelot a appelé mercredi à « boycotter » le Red Bull et en a remis une couche hier, en affirmant qu’une seule canette de Red Bull contient l’équivalent en caféine de 40 tasses de café. Ce qui semble très exagéré : la quantité de caféine présente dans une canette de Red Bull (80 mg) est l’équivalent d’une tasse et demi. Peut-être Roselyne Bachelot y ajoute-t-elle les effets excitants de la taurine. Mais même en additionnant tous les produits euphorisants du breuvage, le chiffre de 40 tasses de café apparaît surévalué.
Dans cette bataille de « taureaux », le gouvernement français a été doublement ridiculisé. Non seulement il a été désavoué par Bruxelles, mais il s’est fait rouler dans la farine au printemps dernier quand il a autorisé la commercialisation d’un dérivé du Red Bull sans taurine. Cette boisson, qui devait s’appeler Bullit, a finalement été vendue en France sous le nom de Red Bull, ce qui a préparé le terrain aux canettes originales. Dietrich Mateschitz 2, Roselyne Bachelot 0.
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