Les Français estiment que le nucléaire est nettement moins risqué que le réchauffement climatique voire la pollution des eaux, selon un sondage Ifop publié dans le Monde daté de dimanche-lundi.
Interrogées sur les risques qu'elles considèrent comme les plus préoccupants, 53% des personnes interrogées citent ceux liés aux changements climatiques, alors qu'elles étaient seulement 20% à les citer dans un sondage similaire réalisé en avril 2002.
36% évoquent les risques liés à la pollution des eaux (40% en 2002), 27% le nucléaire (33%), 24% la pollution atmosphérique en ville (36%), 23% les risques alimentaires (30%), 16% les risques industriels (25%) et 4% l'amiante (9%).
Les deux tiers (67%) des personnes interrogées estiment qu'il faut maintenir la part du nucléaire dans la production énergétique parce qu'il «assure l'indépendance énergétique de la France», le dernier tiers (33%) étant d'un avis contraire parce que «c'est dangereux». Les Français étaient presque également partagés entre ces deux opinions (52/47) il y a six ans.
Pourtant, les conséquences de l'incident du site de Tricastin apparaissent graves à 81% des Françaises (37% très graves, 44% assez graves), pas très graves à 15%, pas graves du tout à 2%. Et ils font beaucoup plus confiance pour les informer aux associations de protection de l'environnement (79%) ou à l'autorité de sûreté nucléaire (62%) qu'au gouvernement (30%) ou à Areva (32%).
Le sondage a été réalisé le 18 juillet auprès d'un échantillon de 1009 personnes, représentatif de la population française de plus de 18 ans.
Il intervient alors même que deux fuites radioactives se sont produites en l'intervalle de dix jours dans des usines exploitées par Areva. Selon le Monde, une partie des personnes interrogées n'était pas au courant de la fuite d'uranium intervenue jeudi à Romans-sur-Isère (Drôme).