L’ambiance était pesante en la cathédrale Sainte Réparate, dans la vieille ville. Croyants, prêtres, vétérans de l’armée et curieux s’étaient entassés dans le lieu saint. Tous ont observé le même recueillement face à Monseigneur Sankalé prêchant pour les défunts soldats tombés au champ d’honneur en Afghanistan. Des paroles de compassion et de solidarité : « nous devons nous identifier aux familles des victimes dans leur peine ». L’évêque de Nice a souhaité alors que l’on « évite le renouvellement d’un tel drame » et dénonce « une étape supplémentaire dans l’escalade de l’absurde, une véritable haine nourrie par la haine ».
Loin de l’eucharistie, Christian Estrosi, ainsi que le Préfet des Alpes Maritimes, Dominique Vian, se sont ensuite rendu au monument aux morts près du port pour y déposer une gerbe de fleurs. La cérémonie, militaire cette fois-ci, s’est voulue des plus sobres. Le contexte n’en reste pas moins significatif. Les altercations lourdement armées entre les soldats français et les talibans ont fini par ébranler l’opinion politique et populaire. Le sénateur Jacques Peyrat, venu en tant qu’ancien combattant, ne ménage pas ses mots. Il fait référence à « une guerre nouvelle à laquelle il va falloir s’adapter ». En parlant des soldats, « c’était leur métier », a-t-il continué, « ils avaient choisi d’aller au combat pour défendre nos couleurs. Jusque là, on avait pas le sentiment, en France, que nos hommes allaient faire la guerre proprement dite ».
Entre la minute de silence et une marseillaise rugissante, les élus ont souhaité délivrer un message de paix plus particulier. En guise d’approbation de la politique de Nicolas Sarkozy, Dominique Vian, Préfet des Alpes-Maritimes, juge le conflit nécessaire : « il n’y a pas de paix si l’on est pas prêt au sacrifice suprême et si l’on ne se montre pas solidaire. C’est là pour moi tout le sens de l’eucharistie ». A son tour, Christian Estrosi a justifié l’hommage niçois envers les soldats abattus : « Nice se devait, en même temps que le président, de rendre hommage à tous ces enfants qui ont défendu une juste cause ». Et Rudy Salles de conclure : « nos soldats se battent pour la paix, pour la démocratie. Pas pour la guerre ni pour conquérir, mais pour rendre leur liberté et leur dignité aux Afghans ».
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