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27-06-2008 12:17
Puissance contre finesse
Avant match. La finale de l'Euro dimanche à Vienne proposera un choc entre deux philosophies de jeu opposées
Bastian Schweinsteiger
Photo : guy jeffroy/ flash press
Allemagne
Face à la Roja, la Mannschaft mène aux pointsrétro. C’était il y a 14 ans. La dernière opposition en compétition officielle entre l’Allemagne et l’Espagne date du Mondial 1994 (1-1). Généralement, elles s’évitent. L’édition 2008 de l’Euro en a décidé autrement. Les deux équipes se sont déjà rencontrées à 19 reprises depuis 1935. Petit avantage à la Mannschaft qui a gagné huit fois. Seulement cinq pour les Ibères, et six nuls. Néanmoins, en compétition officielle, les Allemands n’ont perdu qu’à une seule reprise en sept rencontres. Dans les grands moments, il faut compter avec eux. Ne dit-on pas qu’au football, les Germains gagnent toujours à la fin ? La Furia roja ne s’en laissera pas conter, elle qui n’a qu’un Euro et un titre de champion olympique dans sa poche. Trop peu pour une équipe toujours pleine de talents. Dimanche, on saura si l’armoire à trophées s’est agrandie ou pas.
Mercredi, sans éclat, la Mannschaft a fait le travail, en demi-finale, face aux Turcs et s’est invitée
à sa sixième finale de Championnat d’Europe. Six ans après la Coupe du monde 2002, les Allemands retrouveront enfin, dimanche à Vienne, une finale d’une grande compétition internationale. Cela n’aura pas été sans mal devant une sélection turque remaniée et totalement décomplexée
(3-2).
Une demie à oublier
A Bâle, la légendaire rigueur allemande était clairement aux abonnés absents. La défense germanique a lamentablement pris l’eau face aux assauts répétés des joueurs de Fatih Terim. Et que dire de la prestation pour le coup calamiteuse de Jens Lehman, l’ancien gardien d’Arsenal. “On a eu un jour sans”, s’est justifié Christoph Metzelder, le défenseur central de la Nationalmannschaft, après la rencontre. Heureusement, en fin de match, la solidité collective a su prendre le pas sur la fébrilité générale, créant le sursaut d’orgueil et
la victoire allemande. Au final, un avertissement sans frais pour la sélection de Joachim Löw. “C’était, à n’en pas douter, notre plus mauvais match du tournoi”, avoue objectivement Per Mertesacker, l’autre défenseur central de la Manschaft.
Pour un 4e succès
Dimanche, si les Allemands tiennent à soulever la Coupe Henri Delaunay, qui serait leur premier trophée international depuis 1996, la défense, principalement, devra fournir une bien meilleure copie que celle dévoilée mercredi. Impossible de réitérer à Vienne le film de la demi-finale, sous peine de grosse déception. Pour espérer remporter sa quatrième finale de l’Euro, l’Allemagne pourrait bien, selon Joachim Löw, compter sur le milieu de terrain Simon Rolfes, et ce malgré ses six points de sutures à l’œi contractés contre les Turcs. Elle pourra également s’appuyer sur les satisfactions allemandes du moment, Lucas Podolski (trois buts) et Bastian Schweinsteiger (deux buts), plus en forme que jamais.
L’Espagnol Iker Casillas
Photo : Getty
Espagne
Iniesta et Torres ne marchaient pas encore. Silva et Fabregas n’étaient pas même nés. Vingt-quatre ans de disette, de saisons blanches et sèches, à ravaler sa déception, c’est long surtout pour un pays de tradition de futbol, où les socios vivent leur passion sans modération. Quasi insupportable à dire vrai pour une nation qui abrite, avec l’Angleterre, le Championnat le plus excitant du continent et dont les clubs ont pris l’habitude de ramener bon an, mal an des trésors de guerre de leurs campagnes aux quatre coins de l’Europe. Demain soir au Ernst Happel Stadion de Vienne, la jeune garde de Luis Aragones voudra faire oublier le désarroi de la génération des Camacho, Gallego et Santillana qui avait bu la Coupe jusqu’à la lie le 27 juin 84 face aux Bleus de Platini (2-0).
La malédiction du 22 juin
Les Espagnols qui n’ont pas d’égal en matière de superstition y croient dur comme fer. Après avoir vaincu la malédiction du 22 juin face à l’Italie, leur bête noire, les coéquipiers d’Iker Casillas n’ont jamais été aussi proches d’écrire une nouvelle page – la plus belle – de l’histoire de la Seleccion dont le seul titre de gloire à ce jour reste la victoire acquise en 1964 à domicile face à l’ex-URSS (2-1). Encore un signe du destin, l’équipe d’Espagne a écrasé hier ses héritiers, les Arshavin et autres Pavlyuchenko (3-0). Avant la rencontre, Aragones, sûr de son fait, avait annoncé le scénario : “Nous allons utiliser notre cerveau, être intelligents, et profiter de leurs erreurs, parce qu'ils doivent en commettre.” On sait ce qui est advenu. Le bloc soviétique a explosé. L’Allemagne a beau être éternelle, la Roja est plus décidée que jamais à inverser le vent de l’histoire.
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