Le gouvernement allemand et le secteur bancaire sont tombés d'accord dimanche pour porter à 50 milliards d'euros une ligne de crédit pour éviter la faillite de la Hypo real Estate, 4e banque du pays. Frappée de plein fouet par la crise financière, l’Allemagne a également garanti les dépôts des particuliers pour éviter une ruée sur les banques.
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La chancelière allemande Angela Merkel et le ministre des Finances Peer Steinbrück. EPA
Le secteur financier va accorder « une ligne de crédit supplémentaire de 15 milliards d’euros », en plus de celle de 35 milliards d’euros dont l’Etat s’était en grande partie porté garant, selon un communiqué du ministère des Finances allemand. L’opération a été pilotée par le gouvernement, la banque centrale d’Allemagne et l’autorité de surveillance des marchés (Bafin) ainsi que des représentants du secteur bancaire et des assurances.
Le gouvernement travaille « d’arrache-pied pour garantir la survie de la banque Hypo Real Estate (HRE) et « ne pas permettre que la situation critique d’un établissement bancaire n’entraîne une crise de tout le système » financier, avait annoncé dans l’après-midi de dimanche la chancelière Angela Merkel. « Nous disons aux épargnants que leurs placements sont sûrs. Le gouvernement s’en porte garant », a ajouté Mme Merkel dans une courte déclaration à la presse. « Les épargnants n’ont pas à craindre de perdre un seul euro de leurs placements », avait assuré à ses côtés le ministre des Finances, Peer Steinbrück. Le porte-parole du ministère des Finances a précisé que l’Etat garantissait de manière illimitée les comptes bancaires des particuliers, une mesure sans précédent en Allemagne. D’après le journal économique Handelsblatt à paraître lundi, le total des comptes courants et d’épargne ainsi garantis s’élèverait à 568 milliards de dollars.
La première économie européenne est confrontée à une crise sans précédent depuis que la Hypo Real Estate, quatrième établissement privé allemand par son total d’actifs (400 milliards d’euros fin 2007), a annoncé samedi soir l’échec d’un plan de sauvetage adopté quelques jours plus tôt. L’opération initiale mise au point entre les pouvoirs publics et un consortium de banques le 29 septembre, a échoué en raison du refus des banques de fournir les lignes de liquidités prévues, selon la HRE.
Les représentants du ministère des Finances, de la « Bafin » – l’autorité allemande des marchés financiers – et de la Bundesbank tenaient dimanche une réunion de crise sur l’avenir de la banque. Les négociateurs ont jusqu’à la réouverture des bourses asiatiques lundi matin pour trouver une issue de secours pour l’institut munichois côté à la Bourse de Francfort.
M. Steinbrück s’est dit « horrifié que la direction de la HRE ait fait part d’un trou insoupçonné dans ses liquidités à hauteur de milliards d’euros ». La banque n’avait pas prévenu le gouvernement de l’ampleur de ses difficultés, révélé alors même que Mme Merkel refusait à Paris la constitution d’un fonds européen de garantie.
Merkel : « Il faudra rendre des comptes »
Malgré ses erreurs, la HRE doit être stabilisée, a cependant affirmé M. Steinbrück, « sinon les dommages seraient importants non seulement pour la République fédérale allemande, mais aussi pour nombre de services financiers avec lesquels nous avons des liens en Europe ».
Pour rassurer les contribuables qui craindraient que les banquiers soient sauvés de la faillite avec leurs deniers, Mme Merkel a annoncé que « ceux qui ont fait des affaires irresponsables devraient rendre des comptes ».
Les banques qui devaient soutenir Hypo Real Estate ont retiré leur garantie en découvrant ses besoins réels en liquidités, qui seraient près de trois fois supérieurs aux 35 milliards prévus par le plan de sauvetage rejeté.
Malmenée depuis le dépôt de bilan de la banque américaine Lehman Brothers, la HRE aurait besoin de 20 milliards d’euros en argent frais d’ici la fin de la semaine prochaine, de 50 milliards d’euros d’ici la fin de l’année, et de 70 à 100 milliards d’ici fin 2009, selon des conclusions de la Deutsche Bank dévoilées par le Welt am Sonntag.
Mais aurons nous le courage d'aller jusque là? Si chez nous on applique le « ceux qui ont fait des affaires irresponsables devraient rendre des comptes », ça va chauffer pour Mr le Comte et ses sbires. Mais aurons nous le courage d'aller jusque là?