Jacques Higelin
Quel dommage que votre marathon se soit achevé si tôt, et que vous n'ayez vu la réjouissante lecture que Jacques Higelin a faite de textes de Michaux.
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ADRIENNE NIZET ET LUCIE CAUWE
lundi 06 octobre 2008, 10:01
Deux voix fort différentes pour lire les très beaux « Cahiers de la guerre », de Marguerite Duras. © Vincent Delbrouck.
Vendredi soir, au Studio 1 de Flagey, l’assemblée est nombreuse pour assister, parfois assise à terre, au lancement du premier Marathon des mots de Bruxelles : trois jours de lectures, par des acteurs, de romans, de récits, d’essais et de poésie. Après les discours officiels, le Belge Pietro Pizzuti rend élégamment hommage à Claudio Magris, invité d’honneur, avec un extrait d’Utopie et désenchantement. La montée en puissance de sa lecture colle au texte et met la salle en bonne condition d’écoute. Elle a en premier plat le grave Boulevard périphérique de Henry Bauchau, lu à deux voix, celle, nuancée quoique presque monocorde de Michael Lonsdale, écho à celle de l’auteur, et celle, plus enjouée, de Frédéric Dussenne.
Un peu plus tard, Marie-Christine Barrault lit de larges extraits rendant bien compte de la qualité de L’inaperçu de Sylvie Germain ; l’auteur est discrètement assise au dernier rang.
Déception à la reprise de samedi, au Botanique, avec la lecture de Palestine, de Hubert Haddad : de trop nombreuses coupes réduisent le roman à sa seule ligne narrative, masquant totalement la musicalité des phrases de l’auteur. L’enthousiasme revient cependant avec Lignes de faille de Nancy Huston. Tant Renaud Bécard (très bon ici), Thibault de Montalembert, Fanny Cottençon que Hanna Schygulla – qui sourit en évoquant le fait qu’à l’enfance on grandit verticalement mais qu’à la vieillesse, on grandit horizontalement –, donnent pleinement vie aux quatre enfants qu’ils interprètent.
Dans Cahiers de la guerre, de Marguerite Duras, on retrouve la voix égale de Michael Lonsdale, éclairée par celle d’Aurore Clément. Le public, une fois de plus nombreux, s’est laissé porter par les deux acteurs pendant une heure et demie. Un bonheur d’écoute qui empêche ceux qui le souhaitent d’aller entendre Marie Nimier lire avec Mireille Perrier ses Inséparables, réécrits pour un duo. Compréhensibles pour une première édition, les dépassements horaires restent gênants.
En soirée, l’expressive Marianne Basler transmet sa ferveur pour André Baillon avec des extraits, fripons et sérieux, de deux de ses livres, Zonzon Pépette et Histoire d’une Marie. A côté, Denis Podalydès emporte son public avec ses considérations sur les Voix off qu’il a côtoyées durant son existence avant de l’enflammer en finale, par dix minutes de fou rire ininterrompu.
Plus tard, Eric-Emmanuel Schmitt lit un texte différent de celui qu’il a annoncé et laisse la nuit aux amateurs de poésie. La Bellone en fait le plein tout au long de cette nuit blanche.
Dimanche, après quelques heures de sommeil, il faut choisir où « marathoner », les lectures prenant place en divers endroits. Pour nous, ce sera le théâtre des Martyrs. Fanny Cottençon y donne avec émotion Vous comprendrez donc, un texte pour voix féminine, non encore publié, de Claudio Magris, présent dans la salle. Lui succède Dominique Blanc, stricte dans son tailleur et sobre dans sa lecture d’Alabama song, de Gilles Leroy – le prix Goncourt 2007 a fait le déplacement à Bruxelles. « C’est fini », clôture son interprétation. Et avec elle, notre Marathon 2008.
En attendant celui qui devrait être organisé l’an prochain, vu le succès de celui-ci. Aucun organisateur n’avait rêvé d’un public aussi nombreux et aussi friand de lectures nombreuses. Aucune assistance n’avait imaginé que des acteurs pourraient prendre et donner autant de plaisir à lire des livres – on a vu plusieurs fois Marianne Basler particulièrement émue.
Magie du livre, rayonnement de l’auteur, t(h)on de l’acteur, les trois pôles du triangle que constitue le Marathon des mots. Cette autre célébration de la littérature qui, en optant pour de larges extraits de textes, les fête à sa façon. Sa particularité est que les lectures se font sur un ton plus intime que théâtral. Presque comme si on était à la maison. Pourquoi alors ne pas aussi lire à haute voix chez soi ?
Jacques Higelin
Quel dommage que votre marathon se soit achevé si tôt, et que vous n'ayez vu la réjouissante lecture que Jacques Higelin a faite de textes de Michaux.
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les mots...merveilleux mots
Ah...ces mots entrevus, chuchotés, déclamés, respirés, oubliés, revenus du fin fond de nous et d'eux. Les mots tout simplement les mots....Quelle merveille !
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