L’OPÉRATION de la RTBF, clôturée dimanche, réaffirme que les plus faibles sont les premières victimes des crises.
D.R.
Cette année, on est prêt à tout pour vendre nos porte-photos ! » Le slogan utilisé dans ses spots par l’opération de solidarité de la RTBF, Cap 48, en dit long sur l’état d’esprit de ses organisateurs.
En entendant cela, on ne peut que comprendre que l’heure est grave. Voici quelques jours, la direction de l’ASBL 48.81.00 (rebaptisée Cap 48 auprès du grand public) lançait un signal d’alarme en ces termes : « Cap 48 est inquiet pour son avenir. Le coût de la vie et l’inquiétude des citoyens risquent de pénaliser la solidarité envers les personnes handicapées. »
Voilà qui a le mérite de la clarté. Et voilà aussi un discours inhabituel de la part d’une opération humanitaire.« Si j’en crois les spécialistes, dit Renaud Tockert, l’administrateur délégué de Cap 48, la crise que nous traversons aujourd’hui est la plus grave depuis celle de 1929. Autrement dit : personne n’a connu cette crise et ne sait à quoi s’en tenir. Il ne s’agit pas d’un léger ralentissement de la croissance ou d’un choc pétrolier comme on en a connus dans un passé relativement récent. Depuis que, en 1971, Médecins sans frontières (MSF) a entamé des récoltes de fonds comme on les connaît aujourd’hui, la situation n’a jamais été aussi critique. »
3,3 millions en 2007
Malgré ce constat, Renaud Tockert refuse, à la veille de la soirée de clôture de l’opération, dimanche soir, de céder à la panique – à la différence des marchés. « Notre message est simple, poursuit-il : quand les circonstances sont difficiles, plus encore qu’en temps normal, ce sont les plus faibles qui sont les premiers à souffrir. Il n’est d’ailleurs pas inutile de rappeler qu’en 1957, quand l’opération 48.81.00 a été lancée, c’était pour aider les plus démunis au sens général du terme au cœur d’une situation économique difficile une décennie après la Seconde Guerre mondiale. Cela dit, la générosité n’a cessé de progresser. L’engagement citoyen existe et les gens affirment que le budget consacré à ce type d’opérations n’est pas le premier sur lequel ils rognent. »
Cette année, l’accent sera mis, par zone géographique, sur l’accessibilité des écoles secondaires aux élèves à mobilité réduite. Depuis l’an dernier aussi, Cap 48 a pris un engagement durable : celui des centres de néonatologie qui travaillent sur les « grands prématurés ». « C’est un engagement à long terme, explique Renaud Tockert : on y met 450.000 euros par an tant que ce secteur n’est pas financé par les pouvoirs publics. Si nous tirons la sonnette d’alarme aujourd’hui, c’est tout simplement parce qu’une récolte moins bonne que les années précédentes, cela veut dire moins de projets à financer. Or, la plupart de ces projets sont urgents. Pour 2008, nous avons enregistré 183 demandes de financement. En 2007, nous avons pu en choisir 74. Dans le contexte difficile, nous n’allons pas dire, comme on le fait d’habitude, que nous voulons faire mieux que l’année d’avant. En 2007, on a récolté 3,3 millions d’euros. Si nous faisons aussi bien dimanche, ce sera déjà une victoire. »
Soirée CAP 48, reportage photo en direct du cirque Bouglione Vous pouvez retrouver un reportage photographique de cette soirée de Clôture du Cap48 en direct du cirque Bouglione installé à Bruxelles sur le site du cirque : www.bouglione.be rubrique "News"Avec entre autres : Arthur, Quentin Mosimann, Calogero, Renan Luce, Bénabar, Stanislas, Maurane ou encore Adamo