jeudi 25 septembre 2008, 15:32
C'est à Bruxelles que les ventes du mois de septembre ont recueilli les meilleurs résultats. La rentrée s'est bien déroulée chez Horta, puisque la salle de ventes fit tomber le marteau à sept reprises à 15.000 euros et plus, les 8 et 9 septembre. Ainsi, l'on donna 69.000 euros pour un solitaire en platine agrémenté d'un brillant de 11,16 carats. Un fusain de Fernand Khnopff, Femme à la lyre, obtint 27.000 euros. Haut de 60 cm, ce dessin, qui a notamment été exposé au Japon, est daté aux alentours de 1917 dans le catalogue raisonné de l'artiste.
Deux toiles belges s'illustrent à 15.000 euros : Pêcheur devant le port de Villefranche-sur-mer, signé Anna Boch (66 x 105 cm), ainsi que Goûter sur fond de fanes brûlées, du Liégeois Evariste Carpentier (90 x 120 cm).
Contre 21.000 euros, un amateur quitta la salle avec un grand cabinet en placage d'écailles de tortue. Ce meuble haut de 172 cm fut réalisé à Anvers au 17e siècle. Sa décoration aux filets d'ivoire et poirier sculpté comporte un théâtre central que découvrent deux vantaux. Autre objet mobilier que cette jardinière en bois partiellement doré, décorée de quatre caryatides. Pour ce travail français du XVIIIe siècle, les enchères montèrent jusque 17.000 euros.
C'est 16.000 euros qu'il fallait débourser pour une Panthère noire en bronze haute de 21 cm. Cette uvre du sculpteur animalier français François Pompon est la première des trois épreuves d'artiste qui accompagnent un tirage posthume de six exemplaires (fonderie Susse Frères).
XVIIIe siècle chez Vanderkindere
Les 9 et 10 septembre, c'est Vanderkindere qui tenait le marteau. L'on y échangea contre 15.500 euros une huile sur toile attribuée à l'entourage de Rubens, Mars et Vénus. Cette composition allégorique de grandes dimensions (elle mesure 190 x 235 cm) représente les deux divinités dans une diagonale ascendante que complète, en contrepoint, un ensemble d'armures et d'attributs guerriers.
Charlemagne chez Elsen
Plusieurs autres maisons organisaient une vente en septembre. À trois reprises, la barre des 15.000 euros fut approchée. Ainsi, le numismate Jean Elsen et ses fils tenaient une session cataloguée le 13 septembre, qui vit partir une monnaie pour 13.000 euros. Ce denier carolingien extrêmement rare (estimé à 7.500 euros) représente Charlemagne, tandis que le revers accueille l'image d'un temple, probablement la chapelle royale d'Aix-la-Chapelle. Cet archétype de pièce au buste et au temple, inspiré de l'Empire romain, connaîtra un grand succès et sera conservé durant tout le haut moyen âge. Cet exemple-ci, datant de 812-814, est la dernière émission du règne de Charlemagne.
Galerie Moderne et Amberes
C'est la Galerie Moderne qui marqua la rentrée, ces 2 et 3 septembre. Dans les dunes. La Panne, une huile sur toile (38 x 46 cm) d'Edgard Tytgat, y remporta 11.000 euros, soit près de quatre fois son estimation basse. L'uvre, datant de 1925, représente une famille allongée sous le soleil de la Côte. Elle est issue de la collection du sculpteur Henri Puvrez, ami de Tytgat dont il réalisa d'ailleurs le portrait.
En Flandre, Amberes obtint 13.000 euros le 15 septembre pour un plat à barbe de la Compagnie des Indes (XIXe siècle). En médaillon, il porte les armoiries « Henegovw » et il est décoré de papillons et de pivoines.
Les enchères d'octobre, avec plus de dix ventes cataloguées dans le pays, apporteront certainement des résultats plus importants.
Chez Horta : 69000 euros pour ce solitaire avec brillant © DR
© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2007
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